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"Un homme sérieux a peu d'idées. Un homme à idées n'est jamais sérieux" Paul Valéry


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Votez si bon vous semble mais faites le rationnellement

dimanche 22 avril 2012
C'est aujourd'hui le premier tour des élections présidentielles. Sur les réseaux sociaux, deux tendances s'opposent. Ceux, majoritairement de gauche, qui vous incitent à aller voter parce qu'ils craignent un 21 avril 2002 bis, journée où l'abstention importante avait favorisé le passage au second tour de Jean-Marie Le Pen dont les électeurs se mobilisent traditionnellement pour aller voter. Ceux, majoritairement de droite, qui insistent sur la mobilisation des électeurs, en espérant y trouver le signe de l'inversion de la tendance des derniers sondages. Ma vision des choses est que le vote est un droit avant tout, un devoir civique en second lieu. Votez si vous le souhaitez mais votez rationnellement. 

Traditionnellement, on considère en économie que les électeurs sont soit rationnels (cohérents avec leurs préférences) mais mal informés, soit irrationnels. Dans le premier cas, ils pensent voter pour le candidat qui satisfera le mieux leurs intérêts privés mais sont victimes d'un manque d'information - ils ne connaissent ni les motivations réelles des candidats, ni même leurs programmes - qui peuvent expliquer le mauvais calibrage de leur vote. Dans le second cas, plus cohérent avec les autres sciences sociales, les "erreurs" de vote ne sont pas aléatoires mais systématiques, en fonction de biais sur les valeurs et les croyances des électeurs. La dimension émotionnelle est donc importante et laisse place à la démagogie, au populisme ou à la perception de l'efficacité des candidats. Le vote est alors irrationnel car il n'est pas systématiquement représentatif des intérêts privés des électeurs, ni même systématiquement biaisé en faveur d'une croyance ou d'une autre. 

Faut-il réduire le vote à un simple choix de consommation? Sûrement pas, lorsque l'on vote ou que l'on s'abstient, le poids du vote n'a a priori aucune conséquence. En France, un électeur n'est qu'une voix parmi 44 millions. Pire encore, le vote permet de se racheter une bonne conscience, ou de promouvoir le bien commun: je vote à droite parce que je pense que la droite va mieux gérer la dette publique, je vote à gauche parce que je  souhaite une diminution des inégalités. Le vote ne doit pas suivre le bien commun mais le bien individuel. Votez si vous le souhaitez mais votez rationnellement!

3 commentaires:

Anonyme a dit…

"Le vote ne doit pas suivre le bien commun mais le bien individuel"
--> On peut savoir d'où vous vient ce dogme non-argumenté ?
Pourquoi le vote ne devrait pas suivre le bien commun ?

florian agay a dit…

J'ai du mal à suivre votre logique. Si j'ai bien compris, vous nous dites qu'il vaut mieux ne pas voter dans un but d'intérêt général mais plutôt d'intérêt individuel car les électeurs sont mal informés.

Quelle est la différence que de voter pour ce qu'on croit être ses intérêts propres (ou à l'inverse du bien commun) si de toutes façons on est mal informé? Comment puissions-nous alors être certain de ses intérêts individuels et de la capacité des politiques à les satisfaire?

Le vote rationnel c'est justement essayer de prendre du recul par rapport à ses convictions/croyances pour s'approcher le plus de la réalité, que ce soit pour ses intérêts personnels ou plus noble, l'intérêt général.

Anonyme a dit…

Le vote rationnel c'est le vote pour ses intérêts persos, pas celui qui répond à une logique collective où à des préjugés. Comme on est mal informé, la somme des intérêts individuels ne suit pas toujours le bien commun!

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