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"Un homme sérieux a peu d'idées. Un homme à idées n'est jamais sérieux" Paul Valéry


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911+10

vendredi 9 septembre 2011
En recherche, on appelle le 11 septembre 2001 un choc exogène qui nous permet de mener des expériences naturelles. Il y a un avant et un après 9/11: pour les victimes et les familles des victimes d'abord, pour le monde arabe, pour nos modes de vie.



L'association américaine de psychologie sort un numéro spécial qui revient sur des études réalisées sur des membres des familles des victimes: les études permettent de comprendre les traumatismes qui suivent un choc violent et particulièrement ceux qui font suite à une attaque terroriste. D'autres études montrent que les femmes enceintes pendant le 11 septembre 2001 ont pu transmettre des troubles post-trauma liés au stress. Ces recherches nous permettront de comprendre également les modes de transmission du stress de la mère à l'enfant sans changement de la séquence ADN mais par une simple interaction des gênes avec l'environnement extérieur.  

En économie, Nicholas Bloom a montré que le 9/11 a entraîné des "bulles d'incertitude" provoquant de brusques reports d'investissements équivalents à 3% du PIB américain et supprimant 1 million d'emplois dans les quatre mois suivants le 11 septembre 2001. La crise de 2008 le confirme: les crises économiques peuvent avoir des effets plus négatifs sur la vie des gens normaux que les attaques terroristes.

Enfin, les troubles post-9/11 ont eu des impacts dans la politique étrangère et intérieure des démocraties occidentales. Alors que la lutte contre le terrorisme international est devenu le cheval de bataille de la politique étrangère des dix dernières années - entraînant une guerre coûteuse et inutile en Irak - les démocraties ont également dû faire face à leurs propres limites: les privations de liberté, la stigmatisation des musulmans ou le respect des droits de l'homme - Guantanamo en est le triste exemple - ont pu être bafoués.

C'est là le succès des attentats terroristes du 9/11: une attaque qui n'aura coûté que quelques centaines de milliers de dollars et 19 vies a plongé l'Amérique dans la crise économique avec le financement d'une guerre qui a créé un déficit public abyssal - au détriment de la construction du système de santé - et la réduction des libertés au nom de la sécurité. Doit-on pour autant refuser tout interventionnisme? Les révolutions de printemps nous montrent que nous ne pouvons pas refuser d'assumer nos rôles de puissances mondiales.

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