logo

"Un homme sérieux a peu d'idées. Un homme à idées n'est jamais sérieux" Paul Valéry


blog médias Tribunes Donation etc.
Affichage des articles dont le libellé est Observatoire des idées. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Observatoire des idées. Afficher tous les articles

Révise ton bac ES avec l'observatoire des idées

mardi 11 juin 2013


Les sciences économiques et sociales sont à l'honneur dans la série ES, cette discipline a le plus gros coefficient au baccalauréat de la filière avec un coefficient 7 pouvant s'élever jusqu'à 9 si le futur bachelier a choisi l'une des spécialité qui y est rattachée (sciences sociales et politiques ou économie approfondie) . Les SES permettent aux élèves de mieux comprendre les problématiques essentielles dans différentes sciences sociales telles que les sciences économiques, la sociologie ou la science politique.

Les élèves ont la possibilité de trouver en ligne de très bon cours pour réviser le baccalauréat tel que le site Melchior, ou encore ce dictionnaire en ligne proposé par l'académie de Versailles. Au delà des sites dédiés aux SES, les blogs peuvent être une ressource pertinente dans l'optique des révisions du baccalauréat. Nous avons abordé de nombreux thèmes en lien avec le programme de SES à travers différents articles qu'il peut être intéressant de parcourir pour briller au cours de l'épreuve de dissertation.

Bonne lecture !

Sciences économiques

Thème 1 : Croissance, fluctuations et crises


Thème 2 : Mondialisation, finance internationale et intégration européenne


Thème 3 : Economie du développement durable


Sociologie

Thème 1 : Classes, stratification et mobilité sociale


Thème 2 : Intégration, conflit, changement social

Intégration et immigration

"Regards" dans le top 10 politique de la rentrée

mercredi 12 septembre 2012


"Regards sur un XXIème siècle en mouvement", sous la direction de Thomas Porcher, préfacé par Jacques Attali, évoque 27 questions d’actualité qui ont marqué les dix dernières années et qui devront être débattues lors des dix prochaines. De la régulation financière à la place de la religion dans nos sociétés, en passant par l’avenir de l’industrie européenne et l’avenir du droit d’auteur.

Alors que la crise financière fait place à une croissance molle et à l’austérité, l’Europe et les Etats-Unis ne sont pas sortis de la crise financière, et il existe toujours, à défaut d’un risque d’effondrement des banques, un risque de redite de la présente crise. Une stricte séparation des activités bancaires, ainsi que des règles précises sur les conditions de sauvetage des banques doivent être revues à la hausse.

Dans un toute autre registre, la question de la laïcité a animé le débat public français ces dernières années et ne devrait pas tarder à réapparaître. La tradition française de laïcité de combat s'oppose à une vision plus libérale de la laïcité. La question fondamentale du débat est de savoir si les espaces privés deviendront des espaces publics. Un relatif consensus émerge pour que le principe d’une laïcité de combat soit activé lorsqu’il s’agit de protéger des valeurs fondamentales de notre société –égalité hommes femmes, éducation obligatoire et socle de connaissances sur lequel on ne peut transiger. Mais comme le suggère le Conseil d’Etat, il pourrait être utile que l’Etat réinvestisse le champ public de la pratique religieuse en fixant le cadre dans lesquelles ces dernières doivent évoluer. Ainsi, certaines propositions, comme l’enseignement du fait religieux, la signature de conventions de représentations avec les cultes, la formation des ministres du culte sont régulièrement reprises.

Enfin, notre pays ne peut faire l'économie d'une réforme fiscale en profondeur. La mise en place d'une politique de discrimination positive en faveur des territoires les moins bien dotés est à étudier. Fixée pour un temps déterminé et dans des conditions strictes par le législateur, cette péréquation pourrait être calculée en fonction d’un indice de développement créé au niveau européen pour les territoires, et fondé sur des critères démographiques, sociaux, économiques et environnementaux. Le retour à la cohésion entre les territoires français est à ce prix.

Ces trois débats, qui ne cesseront de revenir dans le débat politique français, sont abordés dans ce livre collectif dont je vous recommande la lecture. 


Rémunération des dirigeants

mercredi 28 mars 2012



Depuis le milieu des années 1970, on considère que la rémunération des dirigeants doit être incitative. C'est ce que stipule la théorie de l'agence de Jensen et Meckling (1976): lorsque les actionnaires ne possèdent pas toute l'information nécessaire pour contrôler les dirigeants, la structure de la rémunération permet l'alignement des intérêts des deux parties.

La rémunération fixe n'étant pas incitative, du point de vue des actionnaires particulièrement, la rémunération des dirigeants est basée depuis les années 1980 sur les stock-options. Actionnaires et dirigeants ont ainsi un destin commun: maximiser la valeur de l'action de l'entreprise. Cette rémunération n'est pourtant pas exonérée de chocs exogènes: cela aurait pu accroître la volatilité des actifs financiers en liant la rémunération à une performance de court terme; par ailleurs, les dirigeants auraient finalement une part de leur rémunération liée aux mouvements des marchés financiers, parfois indépendants de la bonne performance de l'entreprise.

Alors que la capitalisation boursière des six plus grandes places financières atteint le PIB mondial, on comprend le niveau de rémunération des dirigeants. Mais de telles rémunérations sont-elles justifiées?

La réponse des économistes est double. D'un côté, la rémunération ne révèle que la structure des marchés: les dirigeants d'entreprises ont souvent des compétences extraordinaires telles qu'elles sont jugées par le marché alors que peu d'entreprises ont les moyens financiers de les attirer . Ce marché n'est pas éloigné dans son fonctionnement du marché des sportifs de haut niveau qui font face à la demande de quelques grands clubs.

De l'autre côté, la gouvernance d'entreprise peut expliquer la rémunération des dirigeants. L'actionnariat est souvent diffus et les administrateurs ont souvent partie liée avec le dirigeant (non seulement ils ont un pouvoir de révocation et de nomination mais le dirigeant lui-même peut, via le comité de nomination, influencer la composition du conseil d'administration). Les administrateurs ont par ailleurs une rémunération fixe est peu liée à la performance de l'entreprise...

Que peut-on faire face à une telle situation? Intervenir directement dans la gouvernance des entreprises par une mesure réglementaire en limitant le pouvoir du dirigeant sur le comité de rémunération et le comité de nomination des administrateurs; en liant exclusivement la rémunération des administrateurs à la performance de l'entreprise (soit-elle financière ou réelle); donner à l'assemblée des actionnaires un droit de veto sur la nomination des dirigeants.

Tout cela ne résout pas les tensions que cela pose sur la cohésion sociale, ce que les médias semblent souligner sur la rémunération des dirigeants avec le cas récent de Maurice Lévy. Je suis toutefois formellement opposé à la mise en place d'un salaire maximum comme c'est le cas aux Pays-Bas: la libre-entreprise est un principe constitutionnel qu'il faut respecter. Je pense en revanche qu'une taxation proportionnelle supérieure à 50% à partir d'une rémunération de 1 million d'euros par an et à condition de gommer les effets d'aubaine est un bon moyen de lier le fonctionnement libre de l'entreprise et la lutte contre les inégalités.

Pour en savoir plus, voir l'opus du CEPREMAP: "Comment faut-il payer les patrons?" de Frédéric Palomino, 2011.

Tarifs de l'eau

jeudi 22 mars 2012
C'est la journée mondiale de l'eau qui fait suite à un forum de l'eau associant collectivités, société civile et entreprises privées. Il faut rappeler quelques principes sur l'eau: l'accès à l'eau doit être universel et à un prix raisonnable; l'eau est rare mais elle ne l'est pas partout; enfin, le bon tarif de l'eau doit respecter les principes d'équité et de responsabilité environnementale. Je vais m'intéresser à ce dernier point en particulier.

Le débat sur les prix de l'eau en France est depuis plusieurs années centré sur les différences de tarification entre régies et délégations de service public. La différence est de 25% si l'on prend en compte le prix pour une facture de 120 m3, ce qui correspond à la consommation-type d'un ménage de deux adultes et un enfant selon l'INSEE. En revanche, trop peu d'études prennent en compte la structure tarifaire des services d'eau en France.

En France, la facture d'eau est divisée en deux parties: une partie fixe, l'abonnement, et une partie variable, qui dépend de la consommation du ménage. L'abonnement doit couvrir les frais de gestion du service et du compteur d'eau, ainsi que les charges fixes liées aux investissements. La partie variable doit couvrir la charge volumétrique de la production et de la distribution de l'eau. Ce mode de tarification est franchement régressif: les ménages les plus pauvres payent le même abonnement que les ménages les plus riches et par la suite, payent leur consommation de façon proportionnelle (la progressivité des tarifs est assez rare). Le prix moyen de l'eau pour un gros consommateur est donc plus faible que pour un petit consommateur...drôle de paradoxe.  

Ensuite, les stratégies tarifaires des régies comme des délégations vont changer d'un service à un autre: quand la densité du réseau est élevée, une partie des investissements sera probablement remboursée par la charge volumétrique; à l'inverse, quand la consommation est faible ou en diminution, les opérateurs - privés comme publics - vont augmenter le prix de l'abonnement pour sécuriser leurs revenus; enfin, certains services appliquent des prix qui sont totalement déconnectés des coûts de production et de distribution (soit pour dégager une marge, soit pour maintenir un prix trop bas de l'eau).

Les prix de l'eau doivent refléter le coût du service et ne pas résulter du manque de concurrence ou de la volonté de dégager des excédents pour financer d'autres services publics, ce qui est malheureusement parfois le cas. C'est le principe d'équité. Le principe de préservation de la ressource doit quant à lui être assuré par les redevances reversées aux agences de l'eau: ces redevances ne doivent pas être proportionnelles mais progressives pour taxer les plus gros consommateurs.

Il y a par ailleurs un débat théorique sur les modes de financement de la facture d'eau. Nous disposons de trois instruments: le tarif, la taxe et le transfert. Le tarif est évident: les consommateurs qui doivent payer ce qu'ils consomment mais il doit être en phase avec les coûts des opérateurs. La taxe pour financer les services est un sujet qui est évoqué dès la fin du XIXème siècle: une étude réalisée pour la ville de Lyon à l'époque évoque ainsi la possibilité de lier la partie fixe à la valeur locative de la surface habitée alors même que la ville de Montauban liait à cette époque abonnement et biens d'équipements (nombre de chevaux et de bovins notamment). Il n'est pas exclu qu'une taxe - avec une assiette large et un taux bas - soit efficace pour financer une partie des investissements mais l'existence de budgets annexes (mettant le service d'eau hors du budget général de la collectivité locale) rend le recours à de telles taxes en principe interdit.

Enfin, le dernier instrument est le transfert: les services reçoivent un certain nombre de subventions des agences de l'eau et des collectivités locales (ces subventions sont d'ailleurs modulées selon le mode de gestion). Les transferts pourraient en fait être directement assurés par les opérateurs et les régies. Afin de ne pas nuire à la transparence de la tarification, il est possible d'utiliser des transferts d'un montant faible - de 10 à 40 euros par an - pour alléger la facture des ménages les plus pauvres. Ces transferts peuvent être directement prélevés sur la facture des ménages les plus riches ou des plus gros consommateurs de manière forfaitaire. A supposer que seulement 5% des abonnés bénéficient d'un transfert de 40 euros, cela ne coûterait que 2 euros par an aux autres abonnés...Un "pour boire" pour restaurer l'équité de la tarification!


Prime pour l'emploi: mensonges et vérités

jeudi 23 février 2012



Invité sur France 2 hier soir, Nicolas Sarkozy a annoncé une mesure phare de sa candidature à l'élection présidentielle: la suppression de la prime pour l'emploi (PPE). La prime pour l'emploi est un impôt négatif instauré en 2001 par le gouvernement Jospin. Le dispositif s'inspire du système américain de revalorisation du travail: en échange de la reprise d'activité d'une personne dont le foyer fiscal est à bas revenus, une prime d'incitation au travail est versé annuellement. Le dispositif permet de distribuer environ 450 euros par mois par crédit d'impôts annuel à 7 millions de bénéficiaires pour un coût de 2 à 3 milliards d'euros selon les années.

Le dispositif est très critiqué et mérite de disparaître. D'abord parce qu'il coexiste depuis quelques années avec un le revenu de solidarité active (RSA) qui suit une logique de dotation universelle autant que d'incitation à l'insertion dans l'emploi. Ainsi, la reprise d'un emploi permet de cumuler un salaire et le RSA sous la condition d'une amputation de 38% par tranche de 100 euros du socle du RSA. Le RSA représente donc une subvention à l'emploi jusqu'au SMIC. La complexité du système est qu'un foyer peut à la fois bénéficier du RSA "complément d'activité" et de la PPE, celle-ci étant diminué des gains du RSA. Le système manquait de lisibilité.

Ensuite parce que contrairement au RSA, la PPE est versée une fois par an, perdant donc, de son capital incitation. Pour une personne au RSA, cela implique de travailler un an souvent à mi-temps sans gains immédiats (puisque les revenus supplémentaires du travail sont contrebalancés par la perte des allocations) avant de recevoir la PPE l'année suivante suite à la déclaration fiscale.  

Enfin, parce que l'incitation à reprendre un travail est restée faible en gain absolu. Un célibataire sans enfant qui passe du RSA à un emploi à mi-temps rémunéré au SMIC horaire reçoit 32 euros par mois au titre de la PPE. Autant dire que ça ne permet pas de boucler les fins de mois et que l'utilité est moindre car les bas revenus préfèrent probablement 32 euros immédiatement que 384 euros d'un coup.

Qui gagnerait à la suppression de la PPE?

La PPE coûte 2,5 milliards d'euros, l'alignement de la fiscalité des dividendes sur celles des revenus du travail rapportera 1,5 milliard. L'enveloppe de 4 milliards devrait profiter aux personnes travaillant et gagnant moins de 1400 euros nets par mois, soit 30% des salariés français donc 7,2 millions de personnes. Cela représente un chèque annuel moyen de 555 euros à chacun des salariés en dessous de 1400 euros nets par mois. La mesure toucherait un public plus large que la PPE et avantagerait les travailleurs à temps plein à bas salaires au lieu des personnes dont l'entrée dans l'activité devait être encouragée.

Toutefois, le périmètre des personnes concernées n'est pas le même. Un couple dont chaque conjoint gagne le SMIC bénéficie pleinement de la mesure Sarkozy alors qu'il ne bénéficiait pas de la PPE ni du RSA. A l'inverse, des bénéficiaires de la PPE verront leur pouvoir d'achat diminuer et préféreront l'inactivité à un tiers de SMIC...On perd l'objectif du retour sur le marché de l'emploi.

Un problème de calcul

Le problème est que l'annonce du Président concerne les charges sociales sur les bas salaires. Or une partie de celles-ci est déjà nulle pour une grande partie des salaires de 1 à 1,6 SMIC! Une subvention aux travailleurs à bas salaires qui coûtent chaque année 30 milliards d'euros, soit 1,5% du PIB. Une mesure par ailleurs complexe et donc les impacts sur l'emploi sont difficiles à évaluer... On estime généralement qu'un million d'emplois a été créé ou sauvegardé.

Le Président évoque la suppression des cotisations payées par les salariés, moins de 100 euros prélevés sur leurs salaires, soit "1000 euros par an" annoncés par le Président. Comme nous avons vu plus haut, la suppression de la PPE et l'alignement de la fiscalité des dividendes rapporteraient 4 milliards, soit un potentiel de financement de 555 euros par salariés. Garantir 1000 euros par an en plus à chaque salarié coûterait donc 8 milliards d'euros par an.

Bouclage de la mesure et coût à long terme

A supposer que les 1000 euros soient intégralement dépensés, il rapporterait - selon leur soumission à une tranche d'impôt variable et en incluant la TVA - environ 200 euros par an à l'Etat, soit 1,4 milliard d'euros, soit une dépense de 6,6 milliards (8 moins 1,4 milliard d'euros).

Le coût à long terme est en revanche dangereux pour deux raisons. D'abord, toute la distribution des salaires va être écrasée autour de 1 à 1,2 SMIC puisque salariés et employeurs seront incités par des doubles allègements de charges et d'impôts à payer et à gagner peu. Ensuite, le coût à long terme pour les finances publiques risque d'être massif et incontrôlable. Alors que la PPE est liée à l'activité économique du pays (en période de croissance et de réduction du chômage, le dispositif coûte moins cher), le dispositif "Sarkozy" d'exonération d'impôts des plus bas salaires risque de mettre à feu et à sang les finances publiques du pays en privant Bercy d'une partie de la CSG, son meilleur instrument fiscal. En période de reprise économique et de baisse du chômage, le coût sera le même, environ 8 milliards par an que la croissance soit au rendez-vous ou non!


Mini-taxe Tobin pour mini-ambitions

lundi 20 février 2012



La taxe sur les transactions financières longuement annoncée par le gouvernement - auparavant priorité de l'agenda du G20 - a été votée à l'Assemblée Nationale jeudi dernier. Il s'agit d'un impôt de 0,1% sur les échanges d'actions des sociétés dont la capitalisation boursière dépasse 1 milliard d'euros et dont le siège social est en France. Une autre taxe de 0,01% vise le "trading à haute fréquence" et les Credit default swaps à nu, des produits financiers censés protéger les investisseurs du risque de faillite d'un Etat. La mesure rapportera 1 milliard d'euros. Ce dispositif doit être un premier pas vers une taxation européenne avec un taux plus élevé et qui devrait faire l'objet d'une directive.

Peut-on pour autant se satisfaire de cette mesure? Si celle-ci est louable, elle porte mal son nom. Plutôt que d'une véritable taxe Tobin, il s'agit d'un "droit de timbre" sur l'achat de certains titres financiers. La mesure existe au Royaume-Uni où elle rapporte trois fois plus. Elle n'a donc pour objectif que la création d'une recette nouvelle et non pas la lutte contre l'instabilité financière, ni la lutte contre la pauvreté. On aurait pu imaginer faire une entorse au principe de non affectation d'une recette à une dépense et consacrer le produit de cette taxe à la lutte contre l'exclusion ou au fameux "plan Marshall" pour les banlieues.

Emmanuel Todd et la question européenne

vendredi 17 février 2012




J'écoutais mardi dernier (14 février 2012) sur France 3 un débat sur la crise grecque dans l'émission de Frédéric Taddéi « Ce soir (ou jamais!) ». Parmi les invités s'exprimait entre autres Emmanuel Todd, célèbre anthropologue et démographe français. Autant j'apprécie les raisonnements de l'essayiste sur la politique internationale et l'avenir géopolitique du monde, autant je reste sceptique sur sa vision de l'Union européenne.

L'Europe constituerait un système d'exploitation

D'après Emmanuel Todd, on assisterait actuellement à un asservissement des contribuables européens pour rembourser la dette des Etats. La Banque Centrale Européenne (BCE) prête aujourd'hui aux banques à des taux très faibles (1%), lesquelles prêtent ensuite aux Etats qui augmentent les impôts prélevés sur les contribuables pour les rembourser. En plus d'un dysfonctionnement de gouvernance de la zone euro, celle-ci serait désormais entrée dans un cercle vicieux qui voit la BCE  ponctionner la richesse produite par les citoyens. Le système mis en place par l'euro conduirait à une véritable exploitation des Européens par la BCE. Par ailleurs, les politiques d'austérité mises en œuvre progressivement en Europe contribueraient à aggraver la crise en cassant la croissance économique.

L'Europe serait devenue une construction non-démocratique

On ne peut qu'approuver cette lecture de la crise proposée par Emmanuel Todd.  Il est toutefois plus difficile de lui accorder que le système de l'UE conduit à détruire la démocratie européenne avec la définition d'un système hiérarchique dominé par l'Allemagne. Selon lui, alors que la Grèce et d'autres pays du Sud de l'Europe (Espagne, Portugal) avaient intégré l'UE pour solidifier leurs démocraties, l'UE réintroduirait aujourd'hui des formes de dictature en imposant dans ces pays des politiques d'austérité à l'instigation de l'Allemagne. La tradition libérale de celle-ci (au sens politique, par opposition à une tradition autoritaire) est même contestée, l'apport de la philosophie allemande (Kant) à la démocratie européenne, par l'émancipation des individus qu'elle implique, étant occultée.
Une Allemagne responsable de tous les maux?

Cette présentation paraît excessive et la méfiance vis-à-vis de l'Allemagne injuste. Cela ne veut pas dire qu'il faut s'inspirer en tout de l'Allemagne comme le souhaite l'actuel Président.  Mais attribuer à l'Allemagne comme nation la responsabilité des politiques d'austérité est contestable: il s'agit de politiques conservatrices, d'inspiration libérale (au sens économique) mais non de politiques allemandes. On  regrettera surtout dans les critiques perspicaces d'Emmanuel Todd l'absence totale de vision de l'Europe et tout idéal relatif à sa construction: il ne s'agirait que d'une succession d'échecs, le projet en lui-même n'étant jamais soutenu, alors que les actuelles insuffisances sont principalement la conséquence de choix politiques et d'une mauvaise gouvernance.  Est-ce au nom de la souveraineté des Etats qu'Emmanuel Todd ne défend jamais la construction européenne? Il a plusieurs fois rappelé son opposition à la monnaie unique, insistant sur ses insuffisances mais éludant toujours les avantages et  les perspectives qu'elle pouvait donner aux Etats qui l'ont adoptée.

Une monnaie unique rendant impossible tout ajustement économique? La question de la dévaluation

Pour expliquer son hostilité à l'égard de l'euro, Emmanuel Todd insiste sur l'impossibilité, pour les Etats périphériques de la zone euro, de dévaluer leurs monnaies et ce afin d'ajuster leurs coûts du travail et de regagner en compétitivité économique par rapport à l'Allemagne. Il convient pourtant de rappeler que des formes alternatives de dévaluation existent au -delà de la diminution de la valeur nominale de la monnaie. Ainsi, le transfert de charges sociales vers la TVA (TVA sociale) peut-il s'analyser comme une dévaluation puisqu'il conduit à augmenter le prix des biens importés et à diminuer celui des biens produits localement (et exportés).

La dévaluation monétaire ne constitue ni l'unique instrument d'ajustement économique ni une fin en soi. Si par exemple tous les Etats décidaient de dévaluer, de façon non-coordonnée, leurs monnaies, la dévaluation serait sans effet aucun. Celle-ci peut aussi avoir des conséquences négatives qu'Emmanuel Todd semble ignorer: principalement l'augmentation du prix des importations.

Il a été dit à plusieurs reprises sur ce blog que la compétitivité d'un pays ne reposait pas uniquement sur les prix. Des politiques structurelles de qualification des salariés ou d'investissement sont de nature à la restaurer. Dans le contexte européen, cela se traduit par des transferts financiers entre pays et la définition de politiques européennes que seul un budget européen conséquent -et non limité à 1 % du PIB – rend possible. Le renforcement de l'UE et la voie vers le fédéralisme constituent donc une issue à la crise mais Emmanuel Todd ne l'évoque jamais.

Il est dommage qu'un tel intellectuel fonde sa contestation de l'euro sur l'inefficacité d'un instrument économique, la dévaluation, qui est loin d'être systématiquement utile, efficient et adaptée au contexte économique. Il est aussi regrettable de constater qu'il souligne très bien les défauts et les limites de l'UE sans jamais proposer de perspectives d'évolution.

La fiscalité des hauts revenus: le cas des footballeurs

mercredi 15 février 2012







Les footballeurs sont parfois considérés par les supporters comme des mercenaires: Nicolas Anelka, aujourd'hui parti joué en Chine est l’exemple même du footballeur hyper mobile (il a joué au cours de sa carrière en Angleterre, en Espagne, en France, en Turquie et désormais en Chine et dans près d'une dizaine de clubs).

Le marché du travail pour un footballeur est de dimension mondiale. Les règles et les attentes professionnelles sont les mêmes dans tous les pays, et la maîtrise de la langue du pays n'est pas impérative pour jouer au football. Depuis l'arrêt Bosman en 1995, les clubs européens ne sont plus limités dans le recrutement de joueurs étrangers issus de l'Union Européenne ce qui facilite la mobilité des footballeurs en Europe.

Trois économistes Henrik Kleven, Camille Landais et Emmanuel Saez ont un papier sur le rapport entre la fiscalité et l'attractivité des championnats européens. Les footballeurs font figure ici de borne supérieure pour étudier l'influence des taux d'imposition sur la mobilité internationale des travailleurs à haut revenu. Ils en concluent à l'existence d'un lien mais beaucoup plus complexe qu'il n'y paraît.

Il existe bien une corrélation entre la fiscalité et la performance sportive (mesurée ici par l'indice UEFA). Parmi les 5 championnats les plus prestigieux d'Europe (Angleterre, Italie, Espagne, Allemagne et France), ce sont les pays où la fiscalité est la moins élevée qui ont les meilleures performances dans les différentes compétitions européennes existantes.

En revanche, les footballeurs sont moins imposés en Suisse qu'en Allemagne mais leurs équipes sont moins efficaces au niveau européen que les équipes Allemandes. La fiscalité ne peut à elle seule expliquer l'attractivité d'un territoire, d'autres critères telles que l'histoire d'un championnat ou la ferveur des supporters sont à prendre en compte.

Certains pays ont choisi de mettre en place des politiques fiscales attrayantes pour attirer les meilleurs footballeurs. En Espagne par exemple, les footballeurs bénéficient d'un dispositif spécifique depuis 2004. La « loi Beckham » permet aux travailleurs étrangers installés depuis moins de 5 ans de bénéficier d'un taux d'imposition de 24% contre 56% pour les salaires de plus de 300 000 euros annuels.
 
On dit par exemple que Cristiano Ronaldo aurait quitté Manchester United pour rejoindre le Real Madrid en 2009 afin de bénéficier de ce régime, au moment même où l'Angleterre augmentait ses taux d'imposition sur les hauts revenus. De la même manière, on pourra comprendre le départ prochain du Barça d’Eric Abidal, par la fin de la période de 5 ans qui lui permettait de bénéficier d'une telle fiscalité.

Cependant, les auteurs de cette étude précisent que les régimes fiscaux préférentiels pour les footballeurs étrangers entraînent des « effets d'éviction ». L'arrivée de nouveaux joueurs talentueux évince les joueurs locaux et entraîne donc le départ de gros contribuables, réduisant en définitive « l'effet absolu » des baisses d'impôt sur les hauts revenus.

Le pacte budgétaire européen: comment tout faire pour que rien ne change

samedi 11 février 2012



Le 30 janvier 2012, le Conseil européen informel qui s'est réuni à Bruxelles (rappelons que les sommets européens n'existent plus depuis 1974) a annoncé la conclusion d'un nouveau Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance dans l'Union économique et monétaire. Celui-ci reprend l'accord intervenu lors du Conseil européen du 9 décembre 2011, et sera officiellement signé en mars 2012 par 26 Etats membres de l'UE sur 27 - le Royaume-Uni a refusé de participer au Traité - pour entrer en vigueur le 1er janvier 2013, lorsque 12 Etats membres de la zone euro l'auront ratifié. Les Etats non-membres de la zone euro sont parties au Traité qui reste ouvert à tout nouvel adhérent.

Disons-le franchement : ce Traité censé assurer la stabilité financière et la solidarité de l'Union Economique et Monétaire ne servira à rien dans la crise économique actuelle que traverse l'Europe, et surtout ne constitue pas un outil de relance de la construction européenne.

Le renforcement du pacte de stabilité et de croissance n'aura pas lieu

Alors que le pacte de stabilité et de croissance limitait le déficit public et la dette publique de chaque Etat de l'UE à respectivement 3 % et 60 % du PIB, le nouveau Traité insiste sur le principe d'équilibre budgétaire et dispose que le déficit "structurel" des Etats devra être inférieur à 0,5 % de leur PIB (article 3-1 a). Si les dettes sont durablement inférieures à 60 % du PIB, le déficit pourra attendre 1 % du PIB (article 3-1 d).

On peut d'ores et déjà s'interroger sur la référence au déficit structurel c'est-à-dire corrigé de la conjoncture économique. Ne risque-t-on pas de se perdre dans des débats insolubles sur la mesure de ce déficit structurel? Modifie-t-elle réellement la règle des 3 % du pacte de stabilité et de croissance? Il s'agissait d'un solde conjoncturel qui n'est pas si éloigné, en situation de crise, de la définition structurelle du déficit.

Surtout, il est prévu que les mesures économiques temporaires seront déduites de la mesure du déficit structurel (article 3-3 du pacte) et que des circonstances exceptionnelles justifieront le non-respect du Traité...Un Etat pourra donc légitimer ses déficits excessifs par les réformes qu'il prétend conduire, et l'on ne voit pas comment le Conseil ou la Commission seront capables de s'opposer aux arguments avancés par les Etats. Il suffira d'arguer de réformes d'envergure pour obtenir la non-application de la procédure de déficit excessif. Une telle possibilité existait déjà depuis la réforme du pacte de stabilité et de croissance de 2005: le Président Chirac avait en effet obtenu la prise en compte de facteurs pertinents c'est-à-dire des réformes structurelles (retraites) ou de dépenses régaliennes (défense) dans la mise en œuvre de la procédure de déficit excessif.

La délation comme instrument de contrôle des Etats?

Le Traité dispose également que la nouvelle règle d'équilibre des finances publiques devra être transposée dans le droit national dans un délai d'un an, si possible au niveau constitutionnel (article 3-2). D'un point de vue juridique, une telle exigence est inutile puisque le droit international prime le droit national, y compris constitutionnel. En France, cette exigence se traduit par la "règle d'or", adoptée en dernière lecture le 13 juillet 2011. Celle-ci ne fixait pas d'objectifs aussi précis que le nouveau Traité, si bien que cette règle d'or, que l'on jugeait inutile, semble aujourd'hui dépassée.

La Commission tout comme les Etats membres pourront en outre saisir la CJUE de la non-transposition, dans le droit interne d'un Etat, du principe de l'équilibre budgétaire. Ainsi, la délation est-elle érigée en devoir au sein de l'UE, les Etats pouvant être sanctionnés d'une pénalité de 0,1 % du PIB affectée au mécanisme européen de stabilité (MES) en cas de non-respect des jugements de la CJUE (article 8). En principe, elle s'ajoute aux astreintes et amendes de 0,5 % du PIB maximum que peut imposer le Conseil, sous contrôle de la CJUE, aux Etats ne respectant pas durablement les règles d'endettement et de déficit excessifs. On peut évidemment douter de l'efficacité de telles sanctions qui ajoutent des difficultés économiques à des pays déjà endettés (effet pro-cyclique).

L'automaticité des sanctions ne fonctionnera pas

L'innovation du Traité est de rendre la procédure pour déficit excessif automatique et non plus dépendante de poursuites engagées par le Conseil via la Commission européenne. Une fois le déficit constaté, l'Etat se verra ainsi imposer par la Commission un calendrier impératif de retour à l'équilibre. Toutefois, les Etats pourront toujours s'opposer aux recommandations de la Commission à la majorité qualifiée (article 7). Ainsi pourront-ils toujours se soustraire à leurs obligations conventionnelles comme la France et l'Allemagne avaient réussi en 2005. Le Traité n'apparaît donc pas de nature à davantage assurer le respect de l'équilibre budgétaire que le pacte de stabilité et de croissance.

Des mesures qui laissent le citoyen européen dans une situation absurde

Le citoyen européen se trouve confronté à un paradoxe: d'une part les Etats approuvent un renforcement de la discipline budgétaire malgré tous les risques que les politiques d'austérité font peser sur la croissance. D'autre part le Traité ne garantit pas plus qu'avant le respect des mesures qu'il impose. Il ne résoudra donc rien, et apparaît surtout comme un gage donné aux marchés financiers pour promouvoir une austérité durable. Pourtant, l'objectif des marchés financiers est difficile à saisir, pour ne pas dire incohérent: ils poussent à la rigueur budgétaire tout en redoutant la récession qu'elle provoquera...

En attendant la gouvernance européenne

Alors que l'avenir de la zone euro passe par davantage d'intégration économique et politique et une gouvernance renforcée de l'UE, le Traité pèche par sa timidité en la matière. Son article 11 dispose certes que les Etats devront discuter de leurs politiques économiques entre eux pour tenter de se coordonner, mais celles-ci restent définies au niveau national alors qu'il est nécessaire de mettre en œuvre de véritables politiques économiques européennes et un vrai budget fédéral, lesquels éviteraient l'actuelle concurrence économique et fiscale exacerbée entre les Etats-membres de l'UE.

Des réunions entre  membres de la zone euro et adhérents au nouveau Traité auront lieu au moins deux fois par an (article 12) mais s'agissant de l'intégration économique, le Traité se limite à des formules générales de renforcement de la convergence, de la compétitivité, de l'emploi, de la stabilité financière et des finances publiques (article 9) et propose une coopération renforcée. Comme toujours, les mesures adoptées ne doivent pas compromettre le fonctionnement du marché intérieur, véritable Saint-Graal de la construction européenne (article 10).

Face aux insuffisances du pacte budgétaire européen voulu par l'Allemagne, il n'est pas absurde de proposer sa renégociation. En effet, non seulement le Traité ne changera rien puisqu'il ne suffit pas de voter un budget en équilibre pour que celui-ci soit assuré. Mais surtout, il ne propose aucune réelle avancée politique de l'Europe qui semble faire du surplace depuis le rejet du Traité établissant une Constitution pour l'Europe et ce, malgré l'entrée en vigueur du Traité de Lisbonne (2009). Le nouveau Traité engage bien la France, laquelle  doit respecter sa signature, mais il est tout à fait loisible au futur chef de l'Etat de proposer un nouveau Traité complétant le pacte budgétaire de politiques de croissance économique et d'emploi.

                                                                                                          aleks.stakhanov@gmail.com

La prospérite du vice: le cas de l'industrie pétrolière

Depuis deux jours, un petit opus cartonne en librairie. Ce livre écrit par Thomas Porcher - le frère de l'éditeur du blog - dénonce au travers de huit controverses les pratiques indécentes des industries pétrolières. La critique pourrait affirmer à juste titre que l'industrie des énergies extractives est un enjeu diplomatique ou une rente que l'on doit maintenir au prix d'une corruption assumée par ailleurs combattue par une candidate à l'élection présidentielle de 2012. 

Les compagnies pétrolières font du profit. C'est un fait et on ne pourrait que s'en féliciter si les profits étaient liés à des gains de productivité ou à des investissements productifs. Les profits des compagnies pétrolières résultent tout simplement de la montée des cours du pétrole. Conséquence: les "majors" réalisent des profits dont les montants dépassent toutes leurs espérances. Une aubaine? Non, une honte. Ces profits n'ont pas été réinvestis dans le capital productif, ou dans la modernisation des raffineries, ni même entraîné des recettes fiscales supplémentaires dans le cas de Total. Au nom du principe de consolidation fiscale, notre fleuron industriel n'acquitte aucun impôt sur les sociétés en France. Profits par aubaine et consolidation fiscale ne sont pas des délits. Pour certains, ce sont même des éléments de stratégie d'entreprises.

Les pratiques pétrolières sont plus graves sur deux autres points. D'abord, parce que les variations des cours du pétrole ne sont pas toujours répercutés sur les prix à pompe. Quand le prix du baril augmente, les prix à la pompe augmentent immédiatement. Quand le prix du baril diminue, les prix à la pompe diminuent avec un décalage. En quelques jours, les entreprises pétrolières engrangent des dizaines de millions d'euros par ce petit jeu. Ensuite, parce que la moitié des pauvres du monde au sens de l'ONU - les individus qui vivent avec moins de 1 dollar par jour en parité de pouvoir d'achat - vivent dans un pays pétrolier. Les gouvernements sont sur ce point bien plus responsables que les compagnies pétrolières. Mais celles-ci profitent largement de leur faiblesse pour entretenir leurs marges. Le pétrole, c'est la prospérité du vice.

L'indécence précède l'essence - Enquête sur un Total scandale

Sarkozy se trompe de TVA sociale

lundi 30 janvier 2012
Le Président de la République s'est exprimé hier sur plusieurs points de sa politique économique. Je n'ai pas les capacités pour analyser la gestuelle et le ton de son discours mais il m'a semblé qu'il jouait parfois le vieux Président, calme et posé, responsable et donneur de leçons. Pour ceux qui ne l'ont pas vu, vous pourrez regarder la vidéo au bas de ce post. Je ne veux pas lister ses erreurs comme d'autres l'ont très bien fait. Malgré les critiques, l'exercice auquel s'est donné le Président est toutefois louable: je me réjouis que les politiques, à l'image de Pierre Moscovici et Xavier Bertrand ce matin sur BFM TV, jouent le jeu de la transparence et de la pédagogie.

De mon côté, je veux revenir sur un point: le lien entre TVA sociale et coût du travail en France. Il faut d'abord rappeler le mécanisme de la TVA sociale. Il s'agit d'augmenter de quelques points - le gouvernement a choisi 1,6 point - la TVA afin de financer une partie des cotisations patronnales qui entrent dans le coût du travail. Le financement de la protection sociale par la TVA aurait pour effet de réduire le coût du travail en France, plus élevé que la moyenne de l’OCDE surtout pour les plus bas salaires, et d’accroître ainsi la compétitivité des produits français. Elle aurait également l’avantage de faire financer la protection sociale par les produits importés et les achats des 90 millions de touristes qui viennent chaque année en France alors qu’assise uniquement sur les cotisations sociales, la protection sociale n’est aujourd’hui financée que par les biens et services produits en France.

La TVA sociale comporte essentiellement deux problèmes. Elle pèse sur le pouvoir d'achat des moins aisés si les entreprises ne répercutent pas à la baisse les prix. Certains économistes proposent donc une CSG sociale qui viserait à financer directement la protection sociale et qui serait proportionnelle au revenu et non à la consommation. L'utilité de la TVA sociale est constestée dans la mesure où les salaires au niveau du SMIC sont quasiment exonérés de cotisations de sécurité sociale (4,38 % a lieu de 30,38 % soit une réduction de 26 points) et que l'exonération est ensuite dégressive jusqu'à 1,6 SMIC. Il ne faudrait donc tout simplement pas la mettre en oeuvre.

Je pense néanmoins que la TVA est un instrument de politique économique fort. Une véritable TVA sociale pourrait être mise en oeuvre mais elle devrait reposer sur deux principes: l'équité et l'efficacité économiques. L'équité doit amener nos dirigeants à revoir en profondeur les taux réduits de TVA car ceux-ci concernent en bon nombre les ménages ayant des revenus supérieurs à la moyenne. Il faut comme le dit Michel Aujean dans "80 propositions qui ne coûtent pas 80 milliards" concentrer le taux réduit de TVA sur les besoins de première nécessité, à l'origine son "coeur de métier", aujourd'hui ronger par des cadeaux fiscaux. Le réaménagement des taux de la TVA serait alors l'occasion de dégager des marges pour financer en partie l'assurance maladie et les prestations familiales qui relèvent de la solidarité nationale et non du travail.





Les Français, l'entreprise et le travail

jeudi 26 janvier 2012






Pourquoi les français ont-ils une image négative des multinationales et de leurs dirigeants? Notre ami Thomas Roulet apporte quelques éléments d'explications sur le site de la revue « Regards croisés sur l'économie » en rendant compte, de l'image des managers et des entreprises en France.

Un article de novembre 2011 publié dans « The Economist » explique cela par le recrutement des patrons dans un cercle restreint de Grandes écoles. Cette explication apparaît limitée. L'auteur de cet article, s'appuie sur les travaux J.L. Barsoux et P. Lawrence, pour défendre l'idée qu'il s'agit d'un problème de perception de ce qu'est un bon manageur. Les Français ne basent pas leur jugement sur les mêmes critères que les américains: intelligence, analyse et rigueur pour les premiers contre initiative et communication pour les américains.

La France doit-elle pour autant rougir de ses entreprises? Elle place 10 entreprises dans les 100 premières mondiales alors que la France ne représente que 4,4% du PNB mondial. Souvent décriée, l'entreprise est toutefois plébiscitée par les Français: 80% des français ont une bonne image des petites et moyennes entreprises (PME). Ce chiffre est d'autant plus important à considérer que près de 2/3 des actifs occupés sont employés dans des PME.

L'image de l'entreprise française et de son management doit également être appréciée par rapport au ressenti des français sur leurs conditions de travail. Une large enquête de Radio France sur le sujet a été publiée récemment. Cette enquête apporte des éléments de réflexions sur la question malgré l'existence de certains biais de construction que l'on ne développe pas ici. Les principaux résultats de cette enquête sont les suivants.

Seulement 29,9% des enquêtés se sentent bien au travail. L'image des managers n'est pas très flatteuse: 65% des enquêtés pensent que la préoccupation principale des dirigeants de leur entreprise est « la course à la rentabilité et à la productivité » alors que seulement 1,4% considère que les dirigeants d'entreprise sont préoccupés par le « bien-être au travail ». Paradoxalement, 67,5% déclarent travailler dans une bonne ambiance relationnelle avec leurs collègues et plus de la moitié trouvent que les conditions de travail se sont améliorées ces dernières années. Pour poursuivre ces améliorations 24% des sondés considèrent qu'il faut « arrêter la course à la rentabilité ».

La question la plus bête du monde

mardi 24 janvier 2012
Alors que je lisais un dossier sur l'ISF dans le journal Le Monde je suis tombé sur une jolie carte de la répartition des contribuables de l'ISF en région parisienne.

















On constate une concentration des plus gros redevables de l'ISF dans certains arrondissements de Paris et dans certaines communes de la banlieue parisienne. L'article précise le constat mais tente aussi de répondre à la question la plus bête du monde: pourquoi retrouve-t-on une telle répartition géographique des riches?

La réponse à la question la plus bête du monde est simple et s'explique en deux points.

  • Alors que chaque individu riche peut être content de vivre dans un quartier moins riche, l'accumulation de décisions individuelles peut entraîner une ségrégation spatiale. C'est le théorème de Schelling: une préférence pour ne pas avoir trop de personnes différentes de vous dans votre quartier ou une préférence pour avoir quelques personnes identiques à vous dans votre quartier peut renverser l'équilibre spatial d'un quartier. Ainsi, les riches ou les pauvres (et les super-riches et les super-pauvres) tendent à se regrouper dans des quartiers suite à une série de décisions individuelles.

  • Les gros redevables de l'ISF vivent dans des quartiers dont la couronne est composée de quartiers qui tout en étant moins riches sont tout de même relativement aisés. Le bonheur est relatif: je ne suis bien que si je suis mieux que mon voisin. Pour des raisons de sécurité physique mais aussi de compréhension mutuelle, il est cependant mieux que mon voisin me soit tout de même relativement semblable.

Une autre année pour Observatoire des idées

dimanche 18 décembre 2011
Observatoire des idées connaît sa deuxième fin d'année. Un bilan rapide de l'année 2011 s'impose. Les pages du blog ont été visionnées 55 000 fois, ce qui correspond à environ 38 000 visites. La page Observatoire des idées sur facebook a réuni plus de 1700 fans. Le compte twitter de l'éditeur du blog réunit 240 abonnés.

Les articles édités en 2011 les plus vus sont les suivants:

  1. Un indice pour prédire la prochaine révolution dans le monde arabe.
  2. Quelques propos "solidaires": réponse à Wauquiez, Copé et Daubresse.
  3. Combattre les contre-vérités en matière de dette publique.
  4. Comment faciliter l'accès à l'eau potable dans les pays en développement?
  5. La règle d'or des finances publiques: une idée trop simple pour être efficace.

Certains articles édités en 2010 ont connu un regain de succès:

  1. Discrimination positive pour les riches?
  2. Réforme des retraites: avantages et inconvénients.
  3. Être blonde, un avantage économique?

Si on regarde maintenant l'origine démographique de nos visiteurs, la France est massivement représentée mais suivent derrière les Etats-Unis, le Canada, la Belgique et le Royaume-Uni. La principale source directe de visites est essentiellement facebook mais twitter ramène de plus en plus de visiteurs. Google est à l'origine du quart des visites, ce qui prouve que nous sommes de mieux en mieux référencés.

Merci à nos lecteurs réguliers ou occasionnels et nous espérons convaincre de nombreux nouveaux lecteurs de nous suivre.

Qui a le mieux gouverné la France ces trente dernières années?

lundi 21 novembre 2011
Droite et gauche ont eu le pouvoir autant de temps ces trente dernières années. Alors que la majorité des Français pense que la droite est plus qualifiée pour réduire la dette publique, les faits montrent que si les deux partis ont une responsabilité partagée, la dette d'aujourd'hui est en grande partie héritée de la droite.

Un article à découvrir ici.

Une vidéo de 1994 dans laquelle Emmanuelli évoque l'augmentation de la dette publique entre 1993 et 1995:


    id="Visionneuse" width="525" height="400"     codebase="http://fpdownload.macromedia.com/get/flashplayer/current/swflash.cab">                                                        


Et une jolie gallerie photo à découvrir...









Grèce dans la zone euro: son maintien exige un changement de mentalités des politiques

vendredi 11 novembre 2011
Sans changement d'idéologie politique de la part des gouvernements européens, la Grèce est inéluctablement condamnée à sortir de la zone euro. Plus la sortie sera retardée, plus elle sera douloureuse.

Nul ne doute que la situation grecque est problématique : la dégradation de la santé financière de la Grèce ne peut trouver de solutions que par une diminution des dépenses publiques et une augmentation des exportations. En effet, la diminution de l’activité et les plans d’austérité ont complètement déprimé la demande interne, réduisant également les recettes fiscales.

Il y a trois solutions possibles au problème grec:
  • soit on diminue les prix et les salaires brutalement de 30%,
  • soit on efface ou on crée un consortium de remboursement de la dette grecque, ce qui permet d’éviter l’austérité,
  • soit on fait sortir la Grèce de la zone euro pour que celle-ci puisse dévaluer sa monnaie et réduire son déficit commercial, la Grèce exportant essentiellement vers d’autres pays de la zone euro.
Les dévaluations internes ont rarement été des succès puisqu’elles consistent souvent à défendre l’indéfendable : il s'agit de réduire les salaires et les prix de façon brutale. Depuis son entrée dans la zone euro, la Grèce a bénéficié d’une croissance soutenue par les nouvelles capacités d’emprunts que lui offrait la monnaie unique et a connu une augmentation rapide de ses coûts et de ses prix qui ont convergé vers les pays du centre de la zone euro. Une dévaluation interne consisterait donc à réaligner les coûts et les prix de la Grèce vers leurs niveaux réels c'est-à-dire leur niveau si la Grèce n’avait pas été dans la zone euro.

Deux pays de la périphérie de la zone euro y ont pourtant eu recours. La Lettonie a mené dès 2009 une diminution des salaires et des prix, contractant ainsi son PIB de 20% et connaissant une envolée du taux de chômage à 20%. L’Irlande a contracté sa demande intérieure de 15% par des réductions de salaire tout en refusant d’augmenter ses taux extrêmement bas d’impositions sur les sociétés. Sa compétitivité a été rétablie par la chute des importations. Ces pays ont toutefois un sens politique qui les pousse à accepter la dévaluation interne plutôt que toute autre solution. Côté letton, la volonté d’entrer dans la zone euro réside dans la nécessité d’une protection contre l’ennemi russe. Côté irlandais, la méfiance envers une ingérence de l’Europe les incite à s’automutiler pour maintenir des taux d’imposition bas.

La Grèce est en revanche dans une situation différente. La défiance envers les politiques est plus forte. Les syndicats du secteur public ont un grand pouvoir de nuisance et de blocage et ont combattu la réforme par des grèves et des manifestations qui ont retardé la levée de l’impôt. La sortie retardée et impromptue de la Grèce pourrait avoir des conséquences plus dramatiques que sa sortie programmée après le vote du référendum du 4 décembre 2011. Le risque actuel est tout simplement de voir le pays basculer dans la guerre civile. Si l’objectif est de satisfaire les marchés financiers, on se demande alors quelle pourrait être la réaction des agences de notation et l’évolution de l’euro…

La situation idéale, qui est laissée de côté par l'Europe, est d'effacer la totalité de la dette grecque. Il faut que les mesures d'austérité puissent être prises sans la contrainte du remboursement des intérêts de la dette et que la dépense publique soit assez forte pour financer la relance économique. L'autre solution est de monétiser les dettes de la Grèce : en finançant directement la dette par la Banque centrale européenne, on évite tout risque de défaut. Ces deux solutions sont, pour le moment, écartées : la lecture de la crise consiste toujours pour les pays européens à un conte moralisateur dans lequel les États non respectueux de règles budgétaires et de bon sens doivent payer... au risque de faire sombrer la zone euro dans son ensemble.

Les drôles de mesures du gouvernement

mardi 8 novembre 2011
Le deuxième plan d’austérité en deux mois annoncé par le gouvernement Fillon repose sur quatre mesures phares qui permettront d’économiser 8 milliards d’euros : le passage du taux bas de la TVA de 5,5% à 7% sauf pour les biens de nécessité, une accélération du passage de l’âge minimum de départ à la retraite à 62 ans pour les générations née entre 1952 et 1956 ; une taxe supplémentaire sur les entreprises ayant des profits supérieurs à 250 millions d’euros et une indexation de certaines prestations sociales sur la croissance et non sur l’inflation. Une cinquième mesure a bizarrement été évoquée par François Fillon hier invité du JT de TF1 : celle du gel des salaires des membres du gouvernement.


Les salaires des membres du gouvernement sont alignés sur ceux des fonctionnaires par décret. Or les salaires des fonctionnaires sont réévalués tous les ans en fonction du point d’indice, lui-même gelé depuis deux ans. Autrement dit, le Président, les ministres et les secrétaires d’Etat, ont normalement un salaire gelé en 2012 comme l’ensemble des fonctionnaires. L’annonce de M. Fillon est non seulement mensongère mais déplacée : de nombreux pays européens ont diminué le salaire de leurs ministres alors même que la France a augmenté de 140% le salaire du Président pour le faire converger vers celui du Premier Ministre. Drôle de stratégie de communication du gouvernement…

La stratégie du gouvernement a également épargné les retraités. Un simple alignement de la CSG des retraités sur celle des salariés comme le proposait Terra Nova aurait permis de dégager au moins 5 milliards d’euros par an. Le gouvernement a voulu ménager une des dernières parties de l’électorat qui lui est acquise. Le Conseil d’orientation des retraites (COR) avait pourtant pointé dès 2009 la convergence du niveau de vie des retraités et des actifs, qui justifierait que les retraités participent un peu plus à l’effort national.

Crise de la zone euro: le suicide économique européen est reporté à plus tard

jeudi 27 octobre 2011
Cette semaine, les dirigeants européens auront encore une fois tout fait pour gagner du temps. A ce jeu, les pays européens ne sont pas les plus mauvais. En maintenant la Grèce artificiellement en vie, les dirigeants européens se sont protégés de la récession violente qui toucherait le continent et le monde en cas de faillite de l’Espagne ou de l’Italie. Les sommets européens et du G20 reposent essentiellement sur deux questions : quelles mesures nous permettront de repousser au plus loin le risque de désintégration ou de récession européenne ? Combien de temps peut-on gagner selon chaque mesure?
 
 
La priorité européenne : gagner du temps

Pour l’instant, les trois priorités du sommet européen sont les suivantes : la recapitalisation des banques nationales privées, l’élargissement du Fonds européen de stabilité financière (FESF) et la restructuration de la dette grecque.
 
 
La recapitalisation des banques est acquise : les réserves des banques seront relevées à 9% de leurs fonds propres, ce qui les obligent soit à augmenter leur capital, soit à réduire les prêts accordés ou leur masse salariale. La première solution est évidemment la privilégiée. Toutefois, c’est la solution nationale qui est privilégiée : en clair, chaque Etat négocie directement avec ses banques pour trouver les moyens d’une recapitalisation publique ou privée. Il faudrait probablement recapitaliser les banques les plus importantes à l’échelle européenne et celles de pays qui risquent l’insolvabilité par une aide directe du FESF : toute extension du FESF serait alors mieux acceptée par les parlements nationaux qui pensent ne pas profiter directement de sa manne financière. L'augmentation de la puissance de feu du FESF a bien été garantie hier mais son financement n'est toujours pas garanti la Banque centrale européenne (BCE), aurait alors toute sa logique mais les pays européens sont soucieux de garder l’indépendance de la BCE.

Le dernier dossier est la restructuration d’une partie de la dette grecque: environ 50% de la dette détenue par le secteur privé (on laisse de côté la dette détenue par le FMI, le FESF ou la BCE) sera effacée. La coupe concernerait environ 100 milliards d’euros qui seraient partagés avec le secteur privé. Les modalités ont été négociées cette nuit: les banques effaceront 50% de la dette grecque de leurs actifs en échange de garanties de financement.

Combien de temps peut-on espérer gagner ?
Dans les couloirs européens, on estime que l’on gagnera avec ces mesures tout au plus douze mois. Il n’est donc pas impossible que la Grèce abandonne volontairement ou sous la contrainte la zone euro au premier semestre de l’année 2012.

L’effet pour la Grèce ne serait pas forcément négatif....Lire la suite sur le nouvelobs.com

Notation: piège à cons!

lundi 24 octobre 2011



Une agence de notation bien connue a indiqué lundi 17 octobre dernier qu'elle plaçait la France sous surveillance pour déterminer si la "perspective stable" qu'elle donne à la note financière de la France (AAA) n'allait pas être abaissée à "négative", première étape vers une possible dégradation de la note française. Alors que le Gouvernement se contente simplement de dire qu'il s'agit d'une mauvaise nouvelle, la consternante annonce de cette agence doit être dénoncée avec véhémence!

Raisons invoquées par l'agence: le niveau de la dette française évidemment, l'absence de crédibilité des mesures de redressement proposées par la France, mais surtout le possible soutien à d'autres pays de la zone euro comme la Grèce ou à ses propres banques. En d'autres termes, la France serait sanctionnée au moment même où elle s'apprête à résoudre, avec ses partenaires, la crise financière européenne que les agences de notation n'ont jamais vu venir!

Il est grand temps que le pouvoir de nuisance des agences de notation soit déjoué avant que que leurs dégâts pour l'économie ne soient irreversibles: de quel droit une agence de notation imposerait-elle leur conduite aux Etats dont les Gouvernements sont élus et responsables devant les citoyens? Quelle légitimité ont ces entitis irresponsables pour dicter aux Etats leurs politiques publiques? Aujourd'hui, la perspective de dégradation des notes financières des Etats conduit les Gouvernements de l'ensemble des pays de la zone euro à mener des politiques d'austérité!

Les agences de notation ne sont malheureusement pas à leur premier scandale: l'été dernier, une autre agence a dégradé la note financière des Etats-Unis au moment même où le congrès américain trouvait un compromis sur le plafond d'endettement du pays! Elle s'arrogerait donc le droit de légiférer à la place des représentants des nations? Il n'est pas acceptable que le destin de millions de citoyens soit déterminé par des agences de notation aussi inutiles qu'incompétentes: elles n'avaient pas prévu la crise des subprimes et ne le pouvaient pas parce qu'elles sont notoirement incompétentes!

Pourquoi taire ce que tout le monde dit tout bas: dans le domaine de la finance, les personnes les plus compétentes ne travaillent pas pour les agences de notation. Les meilleur étudiants, formés dans les prestigieuses écoles et universités, sont recrutés par les grandes banques, dont les activités sont elles aussi condamnables, alors que les agences de notation se contentent de recruter des seconds couteaux. Les agences chargées de noter les produits financiers sont donc peuplées d'incompétents dont personne n'a voulu ailleurs! Voilà la vérité! Et elles se permettent de noter les Etats et de les conduire à la ruine?! 

J'apprends que la Libye a proclamé hier sa libération. Attention! Nos célèbres agences de notation  sont bien capables de dégrader la note libyennes parce que la mort du colonel Khadafi fait peser un risque pour la stabilité de la dette de la Libye. Stakhanov plaisante quand il écrit cela: les agences de notation seront sérieuses lorsqu'elle le feront!