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"Un homme sérieux a peu d'idées. Un homme à idées n'est jamais sérieux" Paul Valéry


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L'économie du "juste ce qu'il faut"

jeudi 21 avril 2011






Les incertitudes sur la dette grecque, le sur-développement du crédit en Espagne, le développement du crédit aux Etats-Unis, l'émergence d'une classe moyenne en Inde et en Chine pèsent sur les certitudes de développement à long-terme. Les incertitudes sur la stabilité du système financier international et sur l'utilisation durable du capital environnemental nous amène à un constat certain: « juste ce qu’il faut » doit être le mot d’ordre des nouveaux modèles de développement. Les pays en développement n’ont pas besoin d’une voiture avec climatisation et GPS. Ils veulent une voiture qui leur permette de se déplacer. L'attention doit être portée sur les pays en développement car ils sont dans les prochaines années le moteur de la croissance mondiale.

Les pays industrialisés ont une croissance en berne, un chômage grandissant et finalement un impact décroissant sur l'environnement. Leurs industries doivent toutefois réaliser les efforts de modernisation nécessaires, peut-être en payant une taxe carbone qui les inciterait à développer et à utiliser des énergies propres.

Les déséquilibres mondiaux sont également politiques. Les Etats-Unis se sont lancés depuis fin 2010 dans une politique d'assouplissement monétaire qui n'a qu'un seul objectif, celui de diminuer les taux d’intérêt sur les obligations d’Etat pour lui permettre d’emprunter à des taux bas et ainsi soutenir la croissance en donnant plus de richesse et plus d’incitations à dépenser et in fine maintenir le niveau des titres mobiliers et immobiliers. L'inflation devrait cependant augmenter en même temps que la masse monétaire. Quel est alors l’intérêt des pays émergents - en premier lieu la Chine - de garder du dollar si l’inflation monte et que les taux d’intérêt sont plus bas ?

Les pays émergents, pour profiter de la consommation américaine, achètent massivement du dollar sur le marché des changes afin de maintenir leurs produits à un niveau de prix "bon marché" pour les Etats-Unis. Ils ne souhaitent pas que leur monnaie s’évalue trop vite pour exporter leurs produits vers les Etats-Unis mais ils ponctionnent leur propre croissance. Larry Summers estime que la sous-évaluation du dollar par rapport aux monnaies asiatiques ponctionne de 2 points la croissance mondiale. La Chine détient 3000 milliards de réserves en dollars, un montant qui serait plus rentable s'il était investi dans une protection sociale pour la population chinoise et dont la rémunération va diminuer avec l'assouplissement monétaire américain.

L'économie du "juste ce qu'il faut" impose de régler deux problèmes: résoudre les problèmes structurels des économies développées et inciter les pays émergents à laisser leurs monnaies s’apprécier. Ces problèmes structurels sont ceux du développement durable et de la lutte contre la pauvreté. Nul ne doute que ce type de problème prend du temps à être résolu quand le simple soutien à la croissance est effectif et possible à court terme.

Pendant trop longtemps, les Etats-Unis ont considéré que le revenu ne représentait rien quand la consommation représentait tout. Le crédit facile est apparu comme le palliatif à l’absence de revenus décents. Augmenter la consommation et le crédit, voilà les deux moteurs de la croissance et de la crédibilité des gouvernements des pays industrialisés du début des années 2000. En voulant faciliter la consommation, on a laissé de côté la redistribution par la fiscalité ou directe pourtant plus utile à la société que la volonté de faire des moins aisés des propriétaires. La propriété au prix du crédit excessif n'a aucune justification économique. Pire, c'est un populisme économique, une insulte à l'intelligence humaine qui a miné l'économie mondiale.

L’excès de crédits est un danger pour la société et la dérégulation bancaire mélangée au populisme économique sont à l'origine de la crise économique. Le mot d'ordre de l'économie de demain, le "juste ce qu'il faut" doit avoir pour objectif de réduire les inégalités nationales et mondiales à la racine. C’est infiniment plus difficle que de prêter ou de déréguler à tout va mais finalement bien plus efficace à long terme.

2 commentaires:

BA a dit…

Jeudi 21 avril 2011 :

Tous les records sont pulvérisés.

En Europe, plus personne ne contrôle la situation.

La situation européenne est devenue totalement incontrôlable.

Irlande : taux des obligations à 2 ans : 11,344 %.

Irlande : taux des obligations à 3 ans : 12,097 %.

Irlande : taux des obligations à 5 ans : 11,616 %.

Irlande : taux des obligations à 10 ans : 10,481 %.


Portugal : taux des obligations à 2 ans : 11,466 %.

Portugal : taux des obligations à 3 ans : 11,170 %.

Portugal : taux des obligations à 5 ans : 11,493 %.

Portugal : taux des obligations à 10 ans : 9,501 %.


Grèce : taux des obligations à 2 ans : 23,013 %.

http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GGGB2YR:IND

Grèce : taux des obligations à 3 ans : 22,681 %.

Grèce : taux des obligations à 5 ans : 16,734 %.

Grèce : taux des obligations à 10 ans : 14,903 %.

Anonyme a dit…

conclusion ? les faire sortir de l'euro ? ou sortir nous même de l'euro ?

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